Archive | janvier, 2011

Tunisie : relativiser le rôle de Twitter, Facebook et Wikileaks

Quelques liens utiles sur la révolution en Tunisie et le rôle (ou absence de rôle) de Facebook, Twitter et bien sûr Wikileaks :

  • The First Twitter Revolution? : Ethan Zuckerman sort la citation qui résume tout « Tunisians took to the streets due to decades of frustration, not in reaction to a WikiLeaks cable, a denial-of-service attack, or a Facebook update. »

 

 

 

  • Tunisians Document Protests Online : le New York Times documente les différentes manifestations d’activisme en ligne, certaines sensationnelles, des jeunes tunisiens.

 

 

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Les créateurs de possibles : autopsie

Il y a plus facile encore que tirer sur une ambulance, c’est de tirer sur les Créateurs de possibles, le futur ex site communautaire de l’UMP. Maintenu sous respiration artificielle depuis plusieurs mois, Jean François Copé a d’ores et déjà rédigé le certificat de décès du site qui vivrait ses derniers jours.

Facile donc de se gausser dans la blogosphère, et pourtant, ce qui me frappe, c’est qu’aucun des invités de la blogosphère communication et politique invités (dont votre serviteur avec ce compte rendu) à son vernissage ne peut dire aujourd’hui : « je vous l’avais bien dit ».

Certes, il y avait beaucoup d’interrogations, de scepticisme sur le dispositif de modération, sur l’objectif de la plateforme, mais personne n’a dit ce soir là ou le lendemain sur son blog : cette plateforme ne marchera pas. D’aucuns craignaient même qu’elle ne marche trop bien…à la faveur de vagues d’invasion par des militants anti-sarkozistes. L’histoire ne dit pas si ces attaques ont été modérées dans l’œuf ou si même les anti-UMP ne se sont pas donnés la peine d’aller sur la plateforme.

Bref, si la messe est dite, personne parmi les présents à cette réunion ne l’avait prononcée (Arnaud Dassier ou Nicolas sur Meilcour ne s’en étaient, à leur crédit, pas privé, mais en avançant des arguments différents). Comme le synthétise justement ce billet «  A l’époque, la principale crainte était celle d’un parasitage du site par des opposants qui y déposeraient des initiatives farfelues. Une crainte justifiée, mais qui n’était rien par rapport au peu d’enthousiasme des supporters du parti présidentiel pour le site ».

Peu importe à ce stade le décomptage des « je vous l’avais bien dit ». Le problème de l’UMP ne disparaitra pas avec la plateforme, il risque au contraire de s’amplifier.

Au risque de surprendre, je pense que la plateforme en tant que tel n’était pas mauvaise et ne manquait pas d’ambition. Ce n’est pas l’outil qui est en faute mais bel et bien l’émetteur. D’entrée de jeu, le fait de proposer une plateforme estampillée UMP pour proposer des mobilisations communautaires « au-delà des partis » posait problème : cela sert de repoussoir à la gauche, et n’attire pas l’électorat de droite qui utilise traditionnellement peu ce type d’outils de mobilisation.

Le véritable défaut de conception réside peut-être bien justement dans cet ADN du parti. La culture et la sociologie de l’UMP ne sont tout simplement pas en phase avec une culture de revendication, d’interpellation publique comme le proposait les créateurs de possible. L’UMP est un parti bonapartiste, pyramidal et dont les militants « veulent un chef qui les guide » soulignait récemment un fin connaisseur de ses rouages. Bref, avec les Créateurs de Possibles, on est à l’opposé de la culture des militants du parti. D’où la volonté des concepteurs de ne pas se limiter aux seuls militants et d’offrir une plate-forme « attrape-tout » susceptible de ratisser large et au-delà des partis. Soit, mais reconnaissons tout de même qu’il était difficile de positionner comme « post-partisane » une plateforme réalisée par un parti, pour servir les objectifs d’un parti…

Une fois la plateforme disparue, le problème reste : l’UMP a testé de multiples réseaux : d’abord avec Affinitiz (cherchez pas c’était il y a plus de 10 ans), puis avec la blogalaxie de l’UMP, puis avec feu UMPnet.org, et enfin avec les Créateurs de possibles (pas tout à fait les mêmes objectifs à chaque fois, mais constat identique à chaque fois : les militants ne suivent pas. Ce n’est pas une affaire de technologie, c’est largement une affaire de culture. Les républicains américains avaient fait le même constat après la vague MybarackObama : ils n’y arrivent pas car cela ne correspond pas à l’habitus politique des électeurs de droite, comme l’analysait justement Anthony dans ce billet. Ca ne veut pas dire qu’ils sont plus ou moins malins sur le web (et de fait, l’électorat de droite est très connecté), mais que les us et coutumes ne sont pas les mêmes, comme c’est d’ailleurs le cas pour les mobilisations politiques offline.

Est-ce à dire que la net-campagne de l’UMP est condamnée d’avance ? Loin de là : elle délaissera sans doute la constitutions de réseaux sociaux, trop tardive et trop laborieuse surtout lorsque l’on ne bénéficie pas de la « prime à l’opposition », et se recentrera probablement en revanche sur davantage de marketing électoral (domaine dans lequel elle avait connu beaucoup de succès en termes de recrutement) et de CRM. A moins bien sûr que les américains, également en pré-campagne présidentielle pour novembre 2012, ne nous épatent une nouvelle fois avec une V2 de MyBarackObama que les français s’empresseront d’essayer de copier…au mépris de leur propre culture militante.

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L’Initiative Citoyenne Européenne est en marche

Un million de signatures issues d’au moins 7 Etats-Membres de l’Union Européenne : c’est le seuil que vient de fixer le Parlement européen pour permettre aux citoyens européens de saisir la Commission. Visant à tenter de résorber le déficit démocratique entre l’Europe et ses citoyens, cette procédure d’initiative citoyenne initialement inscrite dans le traité de Lisbonne devrait finalement entrer en vigueur d’ici début 2012.

Cette réforme, qui se prépare dans un silence assourdissant, représente pourtant un canal online de « remontée citoyenne » inédit entre les européens et les institutions européennes. Pour le députe européen, Alain Lamassoure, qui a participé aux travaux, « les citoyens gagnent le droit d’interpeller directement, publiquement, massivement ceux qui décident en Europe, par-dessus la tête de leur gouvernement et de leurs élus« 

En ouvrant ce canal, les critiques annoncent déjà l’ouverture d’une véritable boîte de pandore dont sortiront une myriade d’initiatives farfelues, populistes ou obstructionniste. La BBC rapportait ainsi l’exemple du parlementaire européen belge, Derk-Jan Eppink, qui mène une campagne en ligne contre le prélèvement d’impôts européens. Ce n’est qu’un début, et il faut s’attendre à ce que chaque lobby et contre-lobby se lance à son tour dans la course aux signatures : quitte à militer pour tel ou tel amendement, parvenir à obtenir le soutien d’un million de citoyens européens ne peut que servir la cause, quelle qu’elle soit.

Certes, les Etats-membres ont veillé à ce que le pouvoir de proposition -ou de nuisance- de l’ECI reste relativement limité, dans la mesure où les initiatives recevables n’auront a priori aucun caractère contraignant pour la Commission européenne.

L’ECI ne fera donc pas de l’Union européenne une démocratie à la Suisse. Contribuera-t-elle au moins à renforcer une démocratie à l’européenne ?

Comme le relevait très justement ce billet publié sur le blog du pan-european participation network l’ECI pourrait avoir des effets secondaires positifs pour la constitution d’un espace public européen, mettant intelligemment à profit les outils et les atouts d’internet pour faciliter la rencontre d’opinions de différents pays-membre et la création d’interactions transnationales largement inexistantes à ce stade.

C’est donc un double espace public qui se formerait, à la fois sur internet, et au sein de l’Union européenne dont on ne cesse de lamenter l’absence de réalité politique.

Il ne faut cependant guère attendre une telle prouesse de la règlementation seule. Les acteurs de la société civile qui utiliseront ce canal, mais également les autorités politiques nationales et européennes, sans oublier les médias, joueront un rôle déterminant. Le Parlement européen tout d’abord ne saurait ignorer le poids politique d’un million de citoyens européens a fortiori a proximité des élections européennes traditionnellement en mal de sujet de mobilisation. Les médias d’autre part contribueront à éclairer les opinions nationales sur les sujets européens ainsi « hissés » à l’agenda.

Enfin, les outils que mettront en place les instances européennes joueront un rôle décisif dans le fonctionnement, mais également dans la légitimation de ce canal de communication.

Selon que l’on voudra concevoir ce dispositif de dépôt de signature comme une simple boite postale ou comme une véritable plateforme de discussion entre les signataires et les institutions, on donnera une orientation fondamentalement différente au projet.

Compte tenu des discussions de ces derniers mois entre les partisans d’un durcissement de la réglementation et ceux qui militent pour un assouplissement maximal pour que 1000 initiatives citoyennes s’épanouissent, on peut s’attendre à des débats complexes sur le tuyau logiciel plus ou  moins tordu que l’on créera pour cette occasion.

Il est tentant, vu de Bruxelles, de considérer ce dispositif comme une simple soupape de l’opinion. Il serait dommage cependant d’ignorer le réel potentiel de communication qu’il recèle, en offrant ainsi à la Commission ou au Parlement l’opportunité de répondre directement à plusieurs centaines de milliers d’européens sensibilisés à tel ou telle problématique relevant de sa responsabilité.

En effet, contrairement à une pétition manuscrite, les signataires communiqueront leurs adresses électroniques. L’opportunité de répondre à cette interpellation pour ouvrir un dialogue est sans doute l’aspect le plus prometteur de cette initiative pour la constitution de cet embryon d’espace public européen. Si Bruxelles ne saisit pas cette opportunité, d’autres le feront sans hésiter.

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