Archive | janvier, 2010

Débat politique 2.0 : la France devant les USA ?

Et si la France était en avance sur les Etats-Unis en matière d’ouverture du débat politique aux citoyens ? Plus précisément encore, et si les partis politiques français étaient à l’avant-garde de l’association des militants au foisonnement de propositions et à la propagation d’idées ?

Cette idée m’est venue en lisant les premiers billets témoignant de manière substantielle d’un certain désenchantement (pour les croyants de la première heure) ou d’un paradoxe effectivement insoluble (pour les sceptiques de la première heure) quant à l’attitude de l’administration Obama en matière de crowdsourcing et de gouvernement 2.0. Après une campagne électorale fondée sur une éthique d’écoute et d’association de la base au sommet, l’administration Obama s’est avérée beaucoup plus frileuse, voire parfaitement classiciste, quand il s’est agi d’associer les citoyens à son action, en dépit des paillettes – d’ailleurs palissantes – du site Organizing for America. La raison en serait simple (voir les liens ci-dessus pour les très bonnes analyses de Micah Sifry sur Techpresident et Patrick Ruffini sur The Next Right) : Barack Obama et ses stratèges de campagne (les deux David, Plouffe et Axelrod) ne seraient venus à la « politique 2.0″ que par opportunisme. Ils ont rapidement saisi tout l’intérêt qui serait le leur à adopter une posture dynamique et moderne, entraînant toujours plus de militants et de bénévoles dans leur sillage ou d’argent dans leurs caisses (près d’un milliard de dollars sur l’ensemble de la campagne), et faisant fortuitement écho à leur slogan de campagne, à la fois interjection et promesse : « Yes we can« . Derrière l’intérêt bien senti d’une campagne aux couleurs de l’ouverture et de la nouveauté, se profilait déjà une administration extrêmement bien organisée et pilotée d’en haut. Sans qu’il y ait nécessairement un lien de causalité, on observe en parallèle une érosion lente mais continue de la popularité de Barack Obama et des taux d’approbation de son action.

La France pourrait bien être le miroir inverse de ce qui se passe aux Etats-Unis. En 2007, Nicolas Sarkozy et sa campagne bâtie en grande partie sur le registre et sur le thème de l’autorité l’ont emporté sur la campagne à différents égards plus déconcentrée de Ségolène Royal avec son réseau Désirs d’avenir. En d’autres termes, l’unicité des thèses à droite l’a emporté sur la pluralité des idées à gauche. En 2010 en revanche, le foisonnement des idées et les appels à la mobilisation sont de tous côtés, y compris de celui de la majorité et, partant, du Gouvernement. Au PS, la Coopol. Au Modem, les Démocrates. Au Nouveau Centre, Epicentres et Think Centre. A l’UMP, les Créateurs de possibles. Sans revenir sur les spécificités, mérites et limites de chacun (voir ce précédent billet de Stanislas sur le sujet), on observe une tendance lourde d’association des militants (voire des citoyens pour le réseau de l’UMP) à la réflexion (modestement) et au choix des thèmes de l’agenda politique. Mon propos n’est pas d’insinuer que les partis politiques français ont inventé la « politique 2.0″ ; d’illustres précédents existent, aux Etats-Unis avec le célèbre MoveOn.org ou en Europe avec le danois Radikale.net. Mon propos n’est pas non plus de dire que les partis politiques français ont déployé des outils parfaits. Mon propos porte plutôt sur l’intérêt que les partis politiques portent aux réseaux sociaux ou d’idées, et sur ce que ce phénomène dénote dans la perspective des élections de 2012.

En s’attachant plus particulièrement à l’exemple de l’UMP avec ses Créateurs de possibles, il est intéressant de noter que le lancement du site a été assuré par NKM et Benoist Apparu dans les conditions relatées par Stanislas. Ce sont donc deux ministres du Gouvernement – certes très connectés – qui ont été parmi les premiers à assurer sa promotion, ce qui témoigne de la fine frontière qui sépare ce site partisan des lieux d’exercice du pouvoir. En outre, ce réseau se rapproche bien plus d’un réseau d’idées et de propositions que d’un réseau social de mobilisation ou de connexion. Là où Nicolas voit, sur Meilcour, une erreur fondamentale, je vois plutôt un mouvement sans doute opportun pour un parti de droite … au pouvoir. L’hypothèse sous-jacente à ce réseau, du point de vue de la catégorie d’électeurs concernés (i.e. de droite), c’est que les membres chercheront à faire part de leurs idées, propositions et doléances à une figure tutélaire (UMP ou Gouvernement) plutôt que de chercher à faire société de manière horizontale, ce qui paraît être une caractéristique plus facilement identifiable à gauche. Si cette dichotomie est simpliste, elle n’est pas dénuée de fondement et s’appuie sur l’idée que l’électeur-type de droite est plus individualiste (par sa profession et sa disposition psycho-sociologique par exemple) que l’électeur-type de gauche prédisposé aux dynamiques solidaires. En outre, compte tenu du fait que l’UMP est en situation d’exercice du pouvoir et non dans l’opposition, il n’est pas saugrenu qu’il recherche des idées, suggestions ou propositions qu’il pourra « recycler » ou, de manière plus réaliste sans doute, qu’il vienne y chercher matière à justifier ou soutenir la politique qu’il mène au Gouvernement.

Ceci étant dit, les Créateurs de possibles ont bien des écueils à éviter et des failles à combler : lacunes ergonomiques et fonctionnelles telles l’impossibilité de lire facilement un fil de conversation sous une proposition, la possibilité qu’ont quelques détracteurs bien organisés à tenir le devant de la scène à l’instar de ce qu’avaient fait les tenants de la dépénalisation de la marijuana aux USA sur change.org, etc. Pour autant, son positionnement de réseau d’idées pourrait s’avérer bien choisi.

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Le Vatican évangèlise le « continent digital »

Pendant ces périodes de fêtes fastueuses, et pourtant Ô combien religieuses, Netpolitique s’est plongé avec ferveur dans le monde numérique de l’Église Catholique afin d’identifier les interrogations et doutes existentiels des Prélats face à ce nouveau défi de communication

En effet, 01Net l’avait noté, les évêques d’Europe se sont donnés rendez-vous du 12 au 15 novembre 2009, dans la cité du Vatican, pour s’initier au Web 2.0. « La culture d’Internet et la communication de l’Eglise » est le thème retenu pour l’assemblée plénière de la Commission épiscopale européenne pour les médias (CEEM). Au menu de ces quatre jours, des tables rondes pour présenter les dernières évolutions d’Internet et mettre en évidence ses influences sur la société, mais aussi des rencontres avec des figures majeures de la culture numérique. Les évêques ont accueilli les représentants des grands réseaux sociaux (Facebook, Youtube, Wikipedia; à noter l’absence de Twitter dûment remplacé par Identi.ca), et même, précise 01Net, un jeune hacker suisse et un responsable de la lutte contre la cybercriminalité au sein d’Interpol.

Que s’est-il dit sous la coupole Saint-Pierre ? Il faut croire que les échanges relevaient du secret du confessional ou des conciliabules de la chapelle Sixtine. Pourtant, la lecture du discours d’ouverture de Monseigneur Di Falco, Président de la CEEM (novembre 2009), ainsi que le message du Pape pour la 43e Journée mondiale 
des communications sociales (janvier 2009) sont plus qu’éclairants sur la vision du web du Vatican, ainsi que sur les raisons de son intérêt pour ce lien nouveau avec les catholiques.

Livrons nous donc à l’exégèse des discours des deux saints hommes:

L’Église aveuglée

Depuis l’élection de Benoit XVI, trois incidents majeurs sont venus enrayer la gouvernance pontificale et salir l’Église catholique. Le Vatican semble trouver au web une responsabilité centrale dans la diffusion de ces affaires: « La culture de l’Internet et la communication de l’Église. » En entendant ce thème, les trois évènements qui ont bousculé la vie de notre Eglise au cours de l’hiver dernier me sont revenus à l’esprit. Je veux parler de « l’affaire », c’est ainsi que les médias ont désignées ces évènements, l’affaire Williamson, de celles de l’excommunication de Recife, et des propos sur le préservatif dans l’avion menant le pape au Cameroun. Trois affaires qui ont secoué la planète internet. Elles ont été jugées emblématiques de la manière dont l’Eglise institutionnelle communique et dont les internautes – chrétiens ou non – réagissent. Elles ont révélé les forces et les faiblesses de la communication de l’Eglise dans le contexte d’une culture internet triomphante ». il est vrai que les propos racistes de Mgr Williamson étaient disponibles sur le Net depuis belle lurette, sans même que le Vatican, aveugle, ne soit capable de les identifier. Il semblerait donc que le Vatican ait mis en place depuis une veille sur internet, sur la demande expresse du Pape

La « Révolution Copernicienne« 

La référence à Copernic, de la bouche même d’un représentant de l’Église qui condamna l’héliocentrisme, a quelquechose de la revanche des idées face à l’obscurantisme. Il faut admettre que le Vatican semble très ouvert face à l’avènement du web. Une ouverture d’esprit qui ferait saliver d’envie les jeunes communicants de grandes entreprises encore empêtrées dans le culte de la publicité à la papa Séguéla. Mgr Di Falco : « Nous sommes dans un monde pluraliste, où nombreux sont ceux qui, grâce à internet, peuvent avoir accès à tout et donner leur avis sur tout. L’Église ne peut pas ne pas en tenir compte. Avec la sécularisation, la mondialisation, la montée d’internet, notre vision du monde, de la vie, de la mort, et considérée par certains comme un produit parmi d’autres sur le marché des religions. L’Église ne peut pas communiquer comme si d’autres conceptions et interprétations du monde n’existaient pas. Elle a une Parole, un  message d’amour à proclamer, mais elle se doit aussi écouter et Internet est une formidable chambre d’écho de la vie du monde » (…) « Certains croient qu’internet n’est que du virtuel ou du superflu. Tous nous connaissons des prêtres, des évêques pour qui internet est le dernier de leurs soucis et continuent leur pastorale commesi internet n’existait pas. Or internet fait de plus en plus partie intégrante de la vie quotidienne.  En n’y étant pas présent on se coupe d’une bonne partie de la vie des gens »

Des « voltigeurs de l’Evangile » pour propager la bonne parole

Dans son message, le Pape conclut en exhortant les jeunes catholiques : « Au début de l’Église, les Apôtres et leurs disciples ont répandu la Bonne Nouvelle de Jésus dans le monde gréco-romain: comme alors, pour être fructueuse, l’Évangélisation requérait la compréhension attentive de la culture et des coutumes des peuples païens afin d’en toucher les esprits et les cœurs, de même, à présent, l’annonce du Christ dans le monde des nouvelles technologies suppose une connaissance approfondie pour une utilisation cohérente et adéquate. C’est à vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, qu’incombe, en particulier, la tâche de l’Évangélisation de ce «continent digital». »

Au fil des siècles, fidèle à sa mission évangélisatrice, l’Église a relativement bien su s’adapter à de nouvelles situations et mobiliser ses énergies pour mieux proclamer l’Évangile. Avec le nouveau territoire d’internet, le défi est considérable. L’Eglise envisage d’investir ce nouveau « continent » comme elle l’a fait au cours du millénaire en envoyant des missionnaires évangéliser les peuples paiens. C’est pourquoi le Vatican appelle les plus jeunes générations de catholiques à devenir missionaires sur le « continent digital ». Mgr Di Falco : « Je compare souvent le mode de présence de l’Eglise dans le monde des médias et sur internet à ce qui est demandé à un missionnaire devant partir vers des terres inconnues. Que demande-t-on à un missionnaire avant son départ ? De connaître la culture du pays dans lequel il se rend et d’en apprendre la langue. Ne devrions-nous pas avoir la même attitude pour ce qui est de la présence dans les médias ? ». il utilise une formule très originale pour définir ces nouveaux missionnaires, en comparaison du rôle statique des prêtres : « Ces voltigeurs de l’Evangile, je les vois dans les blogs créés par des laïcs. Cela entre dans le champ propre de leur activité, de leur vocation et de leur mission de baptisés dans l’Eglise et dans le monde »

En résumé du message du Pape, voici une vidéo d’un de ses cardinaux, appelant les membres de la « génération digitale » à devenir « annonciateurs et promoteurs d’une culture de respect de dialogue et d’amitié »



La concurrence évangéliste

Le Vatican aurait mené une étude comparative entre les sites évangélistes et les sites catholiques. il en ressortirait une domination san s précédent des premiers sur les seconds, en termes quantitatifs comme qualitatifs. les raisons ? Monseigneur di Falco les résume ainsi :« La première c’est que  « Les évangélistes écoutent et les catholiques parlent. » Par là il veut dire que les évangélistes sortent d’eux-mêmes pour se mettre d’abord  à la place des autres. Ils répondent aux besoins. « Que veux-tu ? » demande Jésus au paralytique, à l’aveugle-né. Autrement dit, « De quoi as-tu besoin ? Quel est ton désir le plus profond ? Je peux y répondre. » La communication commence toujours par l’écoute. D’où sa question : l’Eglise catholique parlerait-elle à partir d’elle-même sans prendre suffisamment en considération ce que vivent les gens ?
La seconde raison du succès des sites évangélistes par rapport aux sites catholiques, c’est que « les sites catholiques sont centrés sur eux-mêmes » et « considérés comme outils et non comme un monde à évangéliser. ». Par là, il veut dire que nos sites sont des extensions ou des duplicata de nos feuilles paroissiales, de nos bulletins diocésains. Ils sont à usage interne. Ils parlent la langue des initiés à l’usage exclusif des initiés. Les sites évangélistes, au contraire, veulent atteindre les internautes, utilisant internet comme outil et vecteur d’évangélisation. »

Comparaison très intéressante, mais les sites sont surtout à l’image de la structure de la foi de l’Eglise : ainsi, si les sites catholiques sont si « centrés » sur eux-mêmes comme le dénonce le Président de la CEEM, il en va d’abord de la nature centralisée et hiérarchique de l’Eglise vaticane, ainsi que de son rôle central d’intermédiaire de Dieu sur Terre (à la différence des protestants et évangélistes, qui s’attachent à une relation individuelle avec Dieu s’articulant très fortement autour de la lecture de la Bible.). Cette structure n’est pas en soi destinée à l’écoute, mais au commandement

Sortir du ghetto

Di Falco : « Un site internet chrétien doit s’occuper du monde et non se couper du monde. Il doit éviter la langue de bois, éviter d’être lui-même idéologue cherchant à imposer sa vérité. Un site doit être ouvert au dialogue et au débat tout en montrant qu’il ne transigera pas avec certains principes acceptés par tous et partout. Il doit se contenter de proposer la vérité du Christ, fermement, tendrement, humblement » (….) « Mais heureusement, plus que jamais, internet redistribue les cartes, nous fait descendre de notre piédestal, de notre chaire magistrale, nous fait sortir de nos ghettos, de nos sacristies. Pape, cardinaux, évêques, prêtres, fidèles laïcs, nous intégrons avec internet une agora, un espace libre et spontané où tout se dit sur tout, où tout le monde peut débattre de tout, une agora virtuelle où les internautes se font une idée sur tel ou tel sujet au gré de leur pérégrination, de leur recherche, voire de leur zapping. L’internaute catholique ne déroge pas à cette règle. Tout en adhérant librement à la foi de l’Eglise, il veut se faire une opinion par lui-même, être le seul juge de là où se trouve son bien. Il surfe donc sur le net en fonction de ses centres d’intérêt, de là où il en est dans sa quête, et il exerce son jugement en fonction de là où il en est dans sa foi et ses connaissances »

Par ses deux remarques, Mgr Di Falco dessine le squelette de la communication sur le web aujourd’hui :
1. Le développement de la « conversation » de l’Eglise sur les sites mais aussi là où se trouvent ses ouailles
2. L’intégration de l’horizontalité des débats dans la très forte verticalité hiérarchique de l’Eglise catholique

Conclusion

Le Vatican a déjà fait preuve, sur le terrain, de sa volonté d’ évangélisation du continent digital, en lançant en 2009 de nombreuses initiatives comme Pope2You, ou encore la chaine du Vatican sur Youtube. D’autres initiatives locales, comme la Prêtres Academy en France, peuvent prêter à sourire, mais dénotent cette volonté ferme de s’adresser aux jeunes qui fuient les paroisses, mais aussi de préparer l’avenir. 2009 aura donc marqué un tournant dans l’histoire digitale du Vatican, mais le plus dur reste à faire : l’évangélisation du continent digital, tout comme à l’époque des missionnaires, prendra beaucoup de temps. L’Eglise en a conscience et s’engage dans une stratégie de petits pas qui ne fait pas peur à une institution séculaire. Mgr di Falco la résume en quelques mots : « Pour terminer, permettez-moi de citer un écrivain français, Jules Renard : « Quelques gouttes de rosée sur une toile d’araignée, et voilà une rivière de diamants. » Puissent les quelques gouttes de rosées que nous déposons sur l’immense toile internet la transfigurer aux yeux de tous en rivière de diamants« 

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Ouverture de « Lescreateursdepossible.com »

Mise à jour : le site “lescréateursdepossible” est officiellement ouvert.
Et comme prévu

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Présentation en avant-première des Créateursdepossible (vidéo)

A l’occasion d’une présentation avec quelques blogueurs et analystes, NKM et Benoit Apparu ont levé un coin du voile sur Les créateurs de possible, le nouveau réseau social de l’UMP, dont le lancement est prévu cette semaine. Pour la visite guidée, c’est NKM elle-même qui officie dans cette petite vidéo tournée à l’occasion de cette discussion.

 

Beaucoup a déjà été écrit sur ce site annoncé depuis plusieurs mois, et il y aura encore beaucoup plus à dire dans les prochains jours. Une chose est sûr, il ne laissera pas indifférent dans le paysage de la netpolitique française.
D’entrée de jeu, Benoit Apparu et NKM annoncent la couleur : la stratégie de l’UMP sur le web à partir de 2010 marchera sur 2 jambes. D’une part le nouveau « site de marque » de l’UMP, attendu pour le 17 janvier, et d’autre part le site communautaire des Créateurs de possible, présenté comme un réseau social tourné vers l’action politique à la portée de tous les citoyens.

L’ambition est de taille et la prise de risque également : les initiateurs du projet le savent et l’assument. La modération ? « Tout devra pouvoir être publié, sauf ce qui relève de la discrimination etc. ». Le débarquement d’opposants, par exemple contre le bouclier fiscal, contre l’Hadopi ? « on sait qu’on les aura, mais le débat c’est aussi ça ». Des initiatives locales, prenant à parti des élus UMP ? « On sait que ca fera des vagues au sein de notre famille politique, que d’aucuns voudront censurer, mais on est prêts à assumer ». N’est-ce pas finalement un site de lobbying citoyen ? « Oui, en quelque sorte ».

Ce réseau social est « un réseau d’un genre nouveau, orienté vers l’action » or, « l’action c’est l’ADN de l’UMP » souligne NKM. Et de l’action il y en aura, à n’en pas douter…  En ouvrant ainsi les vannes, on peut naturellement s’attendre a une instrumentalisation de la plateforme par tout ce que le web compte de groupes de pression locaux ou nationaux trop heureux de trouver là une caisse de résonance politique de premier choix. Certes, le site n’engage en rien l’Etat, et contrairement à l’e-pétition parlementaire, n’appelle malheureusement pas de réponse du législateur, mais nul besoin d’être grand clerc pour savoir qu’un abcès de fixation sur un site porté par le parti présidentiel n’est pas facile à ignorer. Ca ne vaut pas des cortèges dans la rue, mais ça fait désordre quand même. Au final, c’est davantage la pression à l’intérieur du parti que sur le site en lui-même qui pourrait bien être décisive pour l’avenir de cette initiative.

En ouvrant ce canal, l’UMP ouvre donc soit une boite de pandore 2.0, soit un nouvel espace public, dont NKM, en tant que Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique, espère bien qu’il contribuera à insuffler davantage d’e-démocratie dans le système politique français.

Le succès ou l’échec du site devrait dépendre, à court terme, de la capacité des cadres du parti à encaisser ce lobbying citoyen débridé, et à moyen terme, de la capacité des décisionnaires politiques à concrétiser IRL les desiderata des « créateurs de possible ».

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